Les acteurs du système éducatif ont intégré à des degrés différents les enjeux qui attendent la société à l’aune d’un développement toujours plus massif de l’interconnexion. Pour les uns, il ne fait aucun doute que le citoyen de demain doit être capable de réunir de hautes compétences d’une nouvelle essence qui lui permettra de réunir les outils nécessaires pour faire sa place sur un marché du travail dont on ignore encore complètement les besoins alors que pour les autres, l’approche connectée trouve son apogée pédagogique dans l’apprentissage de la dactylographie afin de savoir… taper des dix doigts. Entre ces deux extrêmes, toutes les nuances existent, mais une certitude apparaît clairement en cette période de confinement, c’est celle que chaque organisation scolaire peut mesurer la distance qui la sépare d’une école interconnectée qui maximise les chances d’acquérir le bagage utile à l’intégration de chacun. « L’école à la maison » est certainement la formule la plus maladroite qui ait été répandue durant cette période de confinement, car rares sont les structures qui permettent à un.e élève ou un.e étudiant.e de pouvoir réaliser des progrès dans son cursus en toute autonomie, dans le respect du rôle des parents qui – rappelons-le – ne sont pas tous des enseignantes ou des enseignants.

La crise que nous vivons doit donc éveiller les esprits. Des personnes souffrent parce qu’elles sont malades ou parce qu’elles ont perdu un proche dans cette catastrophe sanitaire d’une ampleur incommensurable et nous devons avoir une pensée pour elles. Mais cette crise est riche d’enseignements et de nouvelles opportunités pour celles et ceux qui sont à la barre d’une organisation éducative. Il faut urgemment redessiner le contour des nouvelles compétences à développer durant tout un cursus en tenant compte du fait qu’il est probable qu’à terme, la quantité de travail se réduise significativement de par l’avènement toujours plus massif des nouvelles technologies. Le rôle des parents dans le processus éducatif pourrait aussi se colorer différemment ces prochaines années… s’ils ont davantage de disponibilité pour s’investir dans ce processus. Le présentiel dans le cadre scolaire n’est pas gravé dans le marbre pour l’éternité ; il faut investir pleinement le milieu « physique » pour renforcer des compétences comme celle de construire en groupe, d’apprendre à gérer des émotions, de résoudre des conflits ou encore par exemple de développer un esprit entrepreneurial encore trop tabou la plupart du temps. Les plateformes de tous les genres et les conférences en ligne sont certainement un excellent moyen de conserver le contact entre l’enseignant.e et l’élève ou l’étudiant.e, mais il est temps de passer de l’amélioration à la transformation et de considérer que la technologie doit permettre une reconfiguration significative des tâches voir même permettre la création de nouvelles tâches auparavant inconcevables.
Les acteurs du système éducatif n’ont jamais été si proches de cette croisée des chemins en matière de transformation numérique… ils y sont !!! Les opportunités sont grandes et le défi passionnant. Même si les changements devront être radicaux et parfois douloureux, il est temps de regarder l’avenir avec confiance et tout mettre en oeuvre pour offrir à chaque apprenant.e – et surtout à celles et ceux qui rencontrent des difficultés – un cursus qui intègre efficacement dans une société qui deviendra de plus en plus exigeante.
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